Il est rentré dans ma vie comme une chanson de Sam Cooke, aussi lente et svelte, pure et magique. Il en est sorti comme une compassion qui ne devait pas contredire le temps qui passe.
L'autre est arrivé alors qu'il ne me restait que très peu de surface. Je devenais étrange, déterminée à tourner la page qui contenait trop de ratures.
Il a ce qu'il faut pour m'aider à faire les bons choix ; calme comme une seconde du dimanche, et patient comme une après midi paisible sous un arbre.
Pourtant le premier est là, recroquevillé dans mes profondes solitudes de lectures, mes changements de tenus qui accompagnent les saisons. Il ne quitte pas le pas de ma porte, qu'il a pendant si longtemps foulé ; et pourtant j'ai le choix.
Comparer c'est tuer la différence, si riche, et le changement est une façon d'accéder à soi.
Alors je marche devant, sans regarder cette stature qui pille mon besoin d'avancer.
Assouvir ses envies est une friandise que l'on essais de ne pas goûter au risque d'en devenir boulimique. Combien de fois j'ai voulu m'approcher du combiné et composer son numéro, mais je me souvenais que des premiers chiffres, les autres, j'ai tragiquement refusé de les connaître par c½ur.
L'autre est là, avec sa présence si délicate posée sur les souvenirs que j'avais de toi.
Je t'oublierais même si je dois te comparer pour accepter, mais je lui dois bien ça, car le changement est une façon d'accéder à sa propre loi.